1er septembre - Le « droit-de-l’hommisme » en question !

Éditos de l'année 2016 de Daniel Boeri

Modérateur: Daniel

1er septembre - Le « droit-de-l’hommisme » en question !

Messagepar Daniel » 31 Août 2016, 22:59

Le « droit-de-l’hommisme » en question !

Devant l’horreur et l’ampleur des conséquences de la dernière guerre, la Communauté internationale s’est rassemblée autour du cri « plus jamais ça » !
C’est ainsi que naquît la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en décembre 1948, permettant à l’époque aux 45 pays signataires, chacun à sa manière, de mettre en pratique un idéal commun.

La deuxième partie du XXe siècle a permis de bâtir un socle démocratique dont nous pouvons tous être fiers : « l’Etat de droit ». Toutefois, il s’appliquait, jusqu’à il y a peu, à un environnement bercé par les Lumières et l’occidentalisme.

Jusqu’à il y a peu, les atteintes à la personne relevaient, plus ou moins, d’atteintes à « caractère individuel » ; même s’il y avait quelques exceptions. Au fond Albert Camus en traçait les traits dans la pièce « Les Justes ».

Seulement voilà, avec le terrorisme, le monde a changé de façon brutale.

Or, il s’agit de tueries « en masse » sur la planète. Ce ne sont plus des personnes individuelles qui sont visées, mais des groupes de personnes, sans aucun lien ni aucune relation les unes avec les autres.

L’Occident, peu préparé à une telle transformation et qui a bien vite oublié les horreurs de la guerre, apporte des réponses pour le moins inappropriées face au changement de nature des attentats. La caisse à outils « Etat de droit », au sens strict, laissant apparaître une maladie masquée mais aigue, qu’on pourrait appeler « droit-de-l’hommisme » ne semble plus en mesure de répondre à ce nouvel ordre des choses.

De fait, nous assistons à un triple paradoxe. D’un côté, la démocratie qui se désintègre à la fois en « amont » et en « aval ». Et de l’autre, les plus fervents soutiens et les plus silencieux, notez-le, de cette dérive maladive, le « droit-de l’hommisme », que l’on aurait appelé, dans des temps plus anciens, une maladie infantile. Ils ont été, et sont souvent encore, les anciens supports de Staline pour les plus vieux, de Mao, de Pol Pot et Castro pour la majorité d’entre eux, et pour certains encore du Vénézuélien Hugo Chavez ; beaux défenseurs des Droits de l’Homme !

Nul n’est besoin de rappeler non seulement les désastres économiques provoqués par les uns et les autres, pour souligner leurs atteintes permanentes, continues et très destructrice aux « droits de l’Homme ». Simple piqûre de rappel pour éviter de se formaliser de leurs prochains « cris d’orfraies » », vis-à-vis des réponses qui ne manqueront pas, du moins doit-on l’espérer, apportées à cette nouvelle et très anxiogène situation. « D’où parles-tu ? » dit le psy !

Mais revenons au présent et aux deux autres paradoxes.

En « amont », la démocratie s’en est allée mener au Proche-Orient ce qui pourrait s’apparenter à des « guerres de religions », pour finalement aboutir à un « nouveau colonialisme » ; plus acceptable parait-il, au nom de la démocratie. En effet, « Nous savons mieux que vous ce dont vous avez besoin chez vous » à savoir les « droits de l’Homme ». Oubliant ainsi les principes des pères fondateurs de l’Etat de droit et de la démocratie moderne, notamment, Montesquieu, « A Rome fait comme les romains ». Ce que cette violence a créé ne justifie cependant pas une nouvelle violence pour le détruire.

En « aval », la juste et nécessaire protection des citoyens a conduit à la dérive « droit-de-l’hommisme » que l’on sait ; « protéger le coupable », au nom de la « présomption d’innocence », même devenu assassin, sans égard pour les victimes. Au point même de soupçonner, a priori, les gardiens de l’ordre, présumés coupables, et non l’assassin, lui, présumé innocent ! D’ailleurs, comme un pied de nez au bon sens, avant de condamner le criminel, on se demande en priorité « s’il y a de la place dans les prisons » ! Alors allons-y pour les peines de substitution et le fameux bracelet électronique ! Mais a-t- déjà mis un collier à une bête sauvage ?

L’État de droit se nourrit à la fois, comme dirait Albert Camus, de sécurité et de liberté. Non seulement elles ne sont pas incompatibles, mais elles se nourrissent l’une de l’autre. Est-ce être libéré de la terreur que d’annuler des manifestations publiques ?

La situation est d’autant plus préoccupante que « dire les mots » crée déjà un soupçon. Ainsi, avec ce bel « Etat de droit », il est impossible, tous supports et classes politiques confondus, « d’appeler un chat un chat et Rollet un fripon », à la manière de Boileau ou encore de traiter Fréron « d’espiègle délateur, envieux et vil », à la manière de Voltaire.

Le florilège de gonfler tous les jours « jeune, mineur, psychopathe, déprimé, radicalisé, issu d’un quartier sensible, sage comme une image… ». Chaque appellation préétablie porte en elle le principe même de l’excuse et prépare déjà aux circonstances atténuantes ; sauf que, « un tueur reste un tueur » quel que soit son état !

Ce n’est pas tant « L’État de droit » qui est en cause, que sa pratique maladive du « droit-de-l’hommisme », devenue totalement inadaptée à cette nouvelle barbarie, et non plus à un seul « acte délictueux ». Le manque de compréhension du phénomène et l’inadéquation des services de sécurité face à cette transformation ne peut exonérer d’y apporter une première réponse au niveau des sanctions.

Et si mots pour maux, on en venait à la réalité toute nue. Il s’agit bien d’une « violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus, inspirée par des motifs politiques, philosophiques ou religieux » ! Et même, ne s’agit-il pas « d’attaque généralisée » contre des populations civiles ? Sans doute pourrait-on appeler cela « Crimes contre l’Humanité » ?


Daniel BOERI
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